Comme je l’ai expliquĂ© en story sur Instagram, il existe plusieurs façons de gĂ©rer une hypotension, que ce soit celle d’un patient ou bien celle d’un proche.

S’il s’agit d’une personne qui mange et boit normalement, en gĂ©nĂ©ral surĂ©lever les jambes (au dessus du niveau de sa tĂȘte idĂ©alement), l’hydrater et la nourrir peut suffire. Le port de bas de contention peut Ă©galement aider.

Bien sur il faut aussi chercher dans ses antécédents, ses traitements et son mode de vie la cause de cette hypotension, surtout si elle se répÚte.

Cela peut ĂȘtre causĂ© par une dĂ©shydratation, une alimentation insuffisante ou mauvaise (menant Ă  l’extrĂȘme Ă  la dĂ©nutrition) ou bien un traitement anti hypertenseur surdosĂ© voire un anxiolytique mal supportĂ©.

J’en ai d’ailleurs fait les frais avec de l’Atarax que je prenais pour m’aider a dormir quand je travaillais de nuit. Un conseil: ne faites surtout pas ça, encore moins avec du Lexomil ou autre hypnotique puissant, c’est un cercle vicieux difficile Ă  se dĂ©faire, surtout avec les benzodiazepines! Et en plus cela favoriserait Alzeihmer…

Donc au sujet de l’hypotension, s’il s’agit d’une personne Ă  jeun pour une chirurgie par exemple ou encore une personne ne pouvant pas s’alimenter (DĂ©mence avancĂ©e, post AVC etc…) le problĂšme est plus difficile Ă  rĂ©gler.

Le plus souvent, les mĂ©decins nous prescrivent du Chlorure de sodium (NaCl) ou du Ringer 500 ml a perfuser en 30 minutes ou 1 heure pour une hypotension modĂ©rĂ©e car cela augmente la pression Ă  l’intĂ©rieur des vaisseaux sanguins (principe de base de la tension artĂ©rielle) par hydratation. Cela rĂšgle le problĂšme d’hypovolemie.

Mais cela ne suffit pas en cas d’hypotension sĂ©vĂšre et/ou rĂ©pĂ©tĂ©e et/ou Ă  risque.

Des colloides de synthĂšse tels que Gelofusine, Plasmion, Plasmagel ou encore Voluven sont encore plus efficaces.

En service de soins intensif il nous arrive de devoir administrer de la Gelofusine ou du Voluven de temps en temps. Mais les effets secondaires ne sont pas negligeables: troubles de la coagulation et risque de choc anaphylactique par allergie. Sans parler du risque de rĂ©tention d’eau pouvant mener a un ƓdĂšme aigu du poumon (OAP) dans les cas extrĂȘmes.

C’est pour ça qu’en cas d’insuffisance rĂ©nale, il devient trĂšs compliquĂ© de gĂ©rer une hypotension car les reins ne pourront Ă©liminer les molĂ©cules administrĂ©es. Heureusement que la dialyse existe, nous en prĂ©voyons une peu de temps aprĂšs le bloc afin de s’assurer que le potassium accumulĂ© pendant la chirurgie n’endommage pas la conduction Ă©lectrique cardiaque (pouvant mener a un arrĂȘt cardiaque).

Le choix du bon solutĂ© a perfuser revient donc au mĂ©decin (l’anesthĂ©siste en chirurgie), mais il est du rĂŽle de l’infirmiĂšre de les connaĂźtre afin de prĂ©venir les effets secondaires et mĂȘme de conseiller le mĂ©decin sur celui qui pourrait ĂȘtre le plus efficace en fonction de la cause.

En effet, les mĂ©decins sont aussi humains que le reste de la population, mĂȘme s’il est vrai que leur rĂŽle est assez exceptionnel et leurs responsabilitĂ©s trĂšs importantes voire lourdes Ă  porter pour le commun des mortels. Mais il leur arrive de douter, et mĂȘme de ne pas savoir!

Hier encore, un anesthĂ©siste m’a dit qu’il se sentait impuissant face Ă  la douleur d’un patient qui hurlait pendant les mobilisations malgrĂ© les 4 antalgiques en pousse seringue continu (incluant 2 morphiniques) et les pochons de perfusion rĂ©guliers.

Alors quand un mĂ©decin nous dit qu’il ne peut pas rĂ©pondre Ă  notre question tout de suite, Ă  prĂ©sent je sais que ce n’est pas pour nous snober, mais qu’en rĂ©alitĂ© il se peut qu’il ne sache pas, qu’il aille demander Ă  des collĂšgues, faire des recherches ou rĂ©flĂ©chir tranquillement dans son coin avant de revenir avec une rĂ©ponse.

Notre rĂŽle en tant qu’infirmiĂšre n’est pas uniquement de prendre soin des patients mais aussi d’ĂȘtre le lien entre eux et les mĂ©decins afin que la prise en charge soit la plus adaptĂ©e et complĂšte possible.

C’est pour ça qu’il est important d’avoir confiance en soi.

Et pour ça, pas de mystĂšre, il faut des connaissances. Pas forcĂ©ment grĂące a Google mais aussi grĂące a votre expĂ©rience et celle des autres, d’oĂč l’importance de partager avec vos collĂšgues, y compris les mĂ©decins, en leur posant des questions et comparant avec ce que vous saviez dĂ©jĂ .

Car le milieu du soin est en constant changement et certaines de ces évolutions peuvent nous dérouter.

La communication, comme dans beaucoup d’autres domaines est la clĂ© de la rĂ©ussite. Dites le quand vous avez peur (de vous tromper, de ne pas pouvoir gĂ©rer vos Ă©motions…) et surtout dites-le quand vous ne savez ou ne comprenez pas! Et vous verrez que vous n’ĂȘtes pas seul(e) dans ce cas-lĂ .

Certaines personnes vous diront parfois que vous ĂȘtes bĂȘte voire inutile Ă  cause de vos questions mais peu importe qui vous dit ça, vous, vous ĂȘtes lĂ  pour avancer. Ces personnes lĂ  n’avanceront pas, ou alors trĂšs lentement, car elles passeront leur temps Ă  chercher les failles chez les autres au lieu de les chercher chez elles. Ce qui n’entraĂźne que la rancune, l’isolement et la dĂ©valorisation d’elle-mĂȘme et des autres.

Car n’oubliez pas: en essayant de blesser les autres, c’est elles qu’elles cherchent Ă  blesser avant tout, et si elles n’arrivent pas Ă  vous atteindre elles n’auront aucun pouvoir sur vous.

Et quand personne ne prend le pouvoir, l’Ă©galitĂ© apparaĂźt. Ainsi que le respect. Et quand vous ĂȘtes respectĂ© vous pouvez vous exprimer et enfin! ĂȘtre vous mĂȘme. Et quand vous ĂȘtes vous mĂȘme, vous n’allez plus au travail Ă  reculons, votre confiance en vous grandit de jour en jour et vous rayonnez. Tout ça parce que la personne que vous ĂȘtes au fond de vous, vibre en phase avec son extĂ©rieur (environnement) et son intĂ©rieur.

Au lieu de voir ce qui vous gĂȘne le plus et vous focaliser dessus, vous vous en servez pour Ă©voluer et amĂ©liorer tout ce que vous voulez voir Ă©voluer.

A commencer par vous.

Je parle par expĂ©rience, je ne recopie pas des mots que j’ai lu ou entendu mĂȘme s’ils ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dit par de nombreuses personnes de façons mille fois diffĂ©rentes.

Je l’Ă©cris surtout parce que je suis passĂ©e par lĂ , aprĂšs des annĂ©es d’errance mentale Ă  me demander ce qui ne va pas chez moi. A me torturer l’esprit Ă  essayer de comprendre comment changer qui j’Ă©tais alors qu’il fallait juste que je m’accepte telle que je suis. Car mĂȘme si mes dĂ©fauts m’insupportent, comme tout le monde j’ai quelques qualitĂ©s. Et elles font la diffĂ©rence.

Ma timiditĂ©, qui m’a obligĂ© a refaire plusieurs stages est devenue maintenant ma discrĂ©tion, apprĂ©ciĂ©e des collĂšgues et de ma cadre.

Mon manque de dextĂ©ritĂ© et de rapiditĂ©, je l’ai travaillĂ© sans relĂąche jusqu’Ă  ce que je sois capable de faire certains soins sans y penser vraiment et dans des temps records! Cela me permet de parler au patient pendant que je le soigne et donc de diminuer son anxiĂ©tĂ© alors que je pourrais Ă©ventuellement lui faire mal.

Mon manque de connaissances du milieu du soin est devenue une soif insatiable de savoir, ce qui me pousse Ă  poser des questions Ă  tout le monde autour de moi, Ă  observer plus que la moyenne mais aussi Ă  partager l’analyse de mes observations afin de ne pas faire fausse route toute seule et m’en rendre compte trop tard.

Car parfois ce que vous voyez n’est pas l’absolue rĂ©alitĂ©… Il existe plusieurs vĂ©ritĂ©s, tout comme il existe plusieurs bonnes façons de rĂ©aliser un soin.

Ma lenteur, souvent reprochĂ©e durant toute ma scolaritĂ©, est maintenant apprĂ©ciĂ©e des patients qui y voient de la douceur et le fait que je m’implique vraiment dans ce que je fais sans seulement survoler les choses. Aux contraire, j’essaye de comprendre ce qu’il se passe autour de moi et de le vivre Ă  fond.

Émotionnellement c’est fatiguant, c’est vrai, mais ça vaut le coup. Cela me permet de ne pas douter, le soir quand je rentre chez moi et que je me demande si j’ai choisi le bon mĂ©tier et si j’ai fait tout ce que j’ai pu. Ce qui met mes compĂ©tences en valeur et me permet de me sentir utile.

Pourtant je sais que je ne l’exercerais pas toute ma vie si les conditions de travail continuent Ă  se dĂ©grader autant…

A bientĂŽt.

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