Les constantes vitales

Quand on est soignant, peu importe le lieu d’exercice, il est un soin auquel on ne peut échapper: la prise de constantes vitales.

À l’école on vous en parle et en stage vous le faites souvent donc il est important que vous les connaissiez sur le bout des doigts.✌🏼

Comme vous connaissez déjà les bases, je vais faire simple et concis.

Je vous conseille de cliquer sur les liens soulignés en bleu clair pour accéder à d’autres articles ou au lexique qui vous fournira plus de détails croustillants sur le monde du soin…


La température

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Située entre 36 °C et 37,5°C chez l’être humain adulte.

Entre 37,5°C (voire 38°C pour certains) et 38,5°C il s’agit d’un fébricule c’est-à-dire une légère fièvre (à surveiller mais souvent non significative la plupart du temps). 

La production de chaleur physiologique provient du métabolisme basal et des activités physiques. La déperdition se fait au travers de la peau et de la respiration. L’être humain est physiologiquement homéotherme, c’est-à-dire que sa température centrale varie peu. Elle est régulée en permanence au niveau d’un centre situé au niveau de l’hypothalamus. La température normale du corps humain est de 37°C le matin et 37,5°C le soir, mais il existe des variations physiologiques.

En pathologie, la température peut être augmentée via la production de cytokines pyrogènes au cours de processus infectieux, inflammatoires ou tumoraux et sous l’influence de facteurs endocriniens qui agissent sur le centre hypothalamique et « montent le thermostat ». Au cours des processus infectieux, les frissons conduisent à élever la température corporelle tandis que les sueurs contribuent à l’abaisser.

Lien de cette description trop détaillée pour venir de moi

Les patients qui reviennent du bloc opératoire ont souvent une température autour de 35°C. Il faut le surveiller car une hypothermie est aussi le signe d’une décharge bactérienne dans le sang chez certaines personnes. Mais cela ne veut pas forcément dire qu’une bactérie colonise notre patient qui revient d’une opération, souvent il s’agit uniquement d’une adaptation du corps humain…D’autant plus que nos chers patients sont tous nus et endormis au bloc opératoire où il fait bien froid ❄ (pour éviter la propagation des bactéries et la transpiration des chirurgiens selon la légende…)

Donc attention: dans le métier de soignant, tout est dans la nuance…et les liens! Encore eux!🙄 #faitesdesliens

Revenons aux choses sérieuses: si un patient a une température supérieure à 38,5°C (hyperthermie) il faut commencer à se poser des questions…la plupart des services ont un protocole pour cette situation là : hémocultures avec +/- Iono, NFS, CRP et éventuellement PCT si le patient a déjà chauffé auparavant et que les médecins veulent savoir si c’est une bactérie ou un virus qui attaque notre pauvre soigné sans défense. Les frissons sont un signe de gravité, c’est-à-dire que le patient ne supporte pas le fait d’avoir de la fièvre et qu’il vaut mieux réagir…Sinon le paracétamol peut suffire et il est possible d’attendre les 3 jours d’obtention de l’antibiogramme avant d’introduire un antibiotique.


Le pouls

pouls leparisien.fr
Comment prendre le pouls

 

Généralement situé entre 60 et 90 battements par minute (bpm), il peut augmenter ou diminuer selon les cas.

Bradycardie: Le pouls peut être plus faible chez une personne sportive, d’où l’intérêt de demander au patient s’il fait du sport et s’il connaît son pouls habituel. Certaines personnes ont un pouls inférieur à 60 bpm sans réelle pathologie sous jacente. #mystèredelhumanité .

Il est bas chez les personnes qui prennent des bétabloquants également (Bisoprolol/Cardensiel/Bisocé…) vu qu’il s’agit d’un de leurs effets secondaires. Toujours demander au médecin s’il faut le donner chez un patient bradycarde mais 3 fois sur 4 il va répondre qu’il faut le donner car ce genre de traitements a pour rôle d’éviter les arythmies cardiaques donc entre la peste et le choléra…Normalement ça ne provoque pas de GROSSE bradycardie sauf si le patient a un gros problème caché, détaillé dans le prochain paragraphe.

Une bradycardie peut être le signe d’un problème important comme un hémorragie. Toujours pas la peine de paniquer, car il faut d’abord l’associer à d’autres constantes comme la tension artérielle. En effet, elle se met à diminuer quand le coeur se rend compte qu’il n’a plus le même volume sanguin a perfuser, il s’emballe et se met à battre plus vite pour compenser…#sacrécoeur

Il faut aussi l’associer à des signes cliniques tels que…saignement externe bien sûr! Que ce soit dans les drains, la protection (saignement génital, urinaire, anal) ou d’une plaie. Mais aussi pâleur, asthénie (grande fatigue, somnolence), anémie au bilan sanguin ou à l’hémocue etc… en cas d’hémorragie interne.

En cas d’hémorragie, le pouls augmente dans un premier temps puis la tension diminue. C’est ce qu’on appelle la dissociation pouls-tension.

Tachycardie: Le pouls augmente et devient supérieur à 90 bpm lorsqu’une personne est en mouvement ou suite à un stress (donc pas de panique pour l’instant) mais aussi en cas de fièvre (T°>38,5°C). #paniqueabord

Il peut y avoir des tonnes de causes à une tachycardie, notamment cardiaques évidemment. Votre rôle est d’en informer le médecin aprés avoir vérifier les antécédents et traitements du patient ainsi que ses constantes précédentes afin de savoir si c’est récurrent ou non. Il vous demandera surement un ECG et/ou un bilan sanguin. Cependant, elle peut provoquer des vertiges voire des malaises, ce qui nécessite une prise en charge par un cardiologue (échographie cardiaque, holter ECG… afin d’en trouver la cause).

Parfois elle peut être due à une cause absolument pas cardiaque comme la fièvre, la déshydratation, l’anémie, l’hyperthyroïdie, la prise de substances (alcool, drogue,médicaments…).

Une tachycardie associée à une baisse de la température est signe de phlébite. On parle alors de dissociation pouls température.

Pour les plus curieux/minutieux d’entre vous:

 Il existe plusieurs types de tachycardie :

– La tachycardie sinusale : elle n’est pas due à un problème cardiaque mais à une adaptation du cœur à une circonstance particulière. Elle s’appelle sinusale car le rythme général des battements du cœur est déterminé par un endroit précis de cet organe appelé le nœud sinusal (zone normalement source d’impulsions électriques régulières et adaptées entraînant les contractions cardiaques). Cette accélération sinusale du cœur peut être normale, comme quand elle est liée à l’effort physique, au manque d’oxygène en altitude, au stress, à la grossesse (le cœur s’accélère naturellement à ce moment de la vie) ou à la prise d’un excitant comme le café.
Dans le cas de l’exercice physique par exemple, le cœur s’accélère afin d’apporter davantage d’oxygène aux muscles qui travaillent. Il s’agit donc d’une adaptation. Dans le cas de l’altitude, l’oxygène étant plus rare, le cœur s’accélère pour permettre d’apporter suffisamment d’oxygène à l’organisme malgré sa rareté dans l’air ambiant.

La tachycardie sinusale peut aussi être liée à un cœur fatigué. Si le cœur ne parvient pas à se contracter de manière suffisamment efficace, le nœud sinusal lui demande de se contracter plus souvent pour permettre d’apporter suffisamment d’oxygène dans tout l’organisme.

– Les tachycardies ventriculaires : il s’agit de contractions accélérées des ventricules du cœur liées à une maladie du cœur (diverses maladies). Les ventricules sont des pompes servant à envoyer le sang riche en oxygène dans tout l’organisme (ventricule gauche) ou bien le sang pauvre en oxygène dans les poumons (ventricule droit). Le problème est que lorsque les ventricules se mettent à battre beaucoup trop rapidement, la cavité du ventricule n’a pas le temps de se remplir de sang. Le ventricule ne joue plus un rôle de pompe efficace. Il existe alors un risque d’arrêt de l’efficacité du cœur donc un risque mortel.

La tachycardie ventriculaire est donc une urgence cardiologique. Certains cas sont relativement bénins et d’autres extrêmement graves.

Lien de ces détails croustillants et poétiques

La tension artérielle

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Photo de Pixabay sur Pexels.com

Hypertension artérielle: Tension artérielle supérieure à 160 mmHg (millimètres de mercure) en moyenne. Attention, il se peut qu’une personne habituée à avoir 9 de tension soit en hypertension à 14 de systole par exemple. C’est pourquoi il faut toujours se référer aux tensions précédentes et/ou demander au patient sa tension habituelle. Sinon vous pouvez toujours revenir plus tard pour vérifier si elle reste la même. Le « gabarit » du patient (poids et taille) jouent aussi. Une personne de petite taille et mince aura forcément une tension inférieure à une personne obèse et/ou de grande taille car le cœur a besoin de pomper moins fort pour irriguer tous les organes quand on est petit.

Hypotension artérielle: Tension artérielle inférieure à 100mmHg de systole. Une fois encore, tout dépend de la tension de base du patient, de son gabarit et de ses traitements (des anti-hypertenseurs mal supportés ou donnés si TA < 12 peuvent provoquer une hypotension). Peut être provoquée par un premier lever, surtout chez un patient dénutri, à jeun, avec un petit poids et/ou suite à un alitement prolongé. Vous devez le mettre en position de Trendelenburg #jmelapeteavecmesmotssavants puis prévenir le médecin si l’hypotension se répète. Ensuite il décidera d’un remplissage par perfusion, ou autre selon la situation. Cliquez ici pour lire l’article sur la gestion d’une hypotension.

Si vous êtes en stage en cardiologie (ou au bloc), la prise de tension est plus complexe (aux deux bras à l’entrée en cardio) et plus surveillée car en cas de problème, il faut réagir plus vite chez un patient cardiaque ou anesthésié…


La prise de glycémie ou hémoglucotest (HGT).

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Prise avec un dextromètre elle permet de savoir quel est le taux de sucre dans le sang d’un patient rien qu’en piquant le doigt. Elle doit être située en 0,80 grammes/litres et 1,20 g/Litres. On tolère jusqu’à 0,70g/l. 

HypoglycémieInférieur à 0.60g/l
Glycémie normaleA jeun : entre 0.70g/l et 1.10g/l
 1h30 après un repas : inférieur à 1.40g/l
Hyperglycémie à jeunSupérieur à 1.10g/l

Des substances qui font varier la glycémie

Certaines substances comme l’insuline font diminuer la glycémie, tandis que d’autres, comme le glucagon, l’adrénaline ou l’hormone de croissance, la font augmenter. L’alimentation et l’activité physique influent également sur la glycémie.

Pour savoir si un patient est diabétique et/ou si les traitements fonctionnent, il faut doser l’hémoblogine glyquée aprés avoir effectué plusieurs dextro de vérification, à jeun puis aprés les repas à des heures précises, décidées par l’endocrinologue.

Lien qui m’a aidé pour rédiger cette partie car j’étais trop fatiguée pour réfléchir

Parfois vous devrez convertir les mg/dL en mmol/L selon l’appareil de mesure que vous aurez il faut donc diviser les mg/dL par 18 pour obtenir des mmol/L (ou diviser les mmol par 18).

Pour convertir des mg/dL en g/L c’est plus simple, il faut juste décaler la virgule 2 fois vers la gauche (diviser par 100) et inversement.

Le mieux est d’avoir un tableau de conversion comme celui ci-dessous (pas forcément avec l’hémoglobine glyquée) disponible dans votre service.

Résultat de recherche d'images pour "glycemie mmol"

Lien de cette image trés parlante

 

Astuces:

Pensez aussi à vérifier la fiabilité de vos appareils de mesure en les testant sur vous! Vous pourriez avoir des surprises…

De même, parfois les patients ont la très mauvaise idée de prendre leurs traitements habituels sans le signaler aux infirmières…je vous conseille de les garder dans le poste de soin ou de demander à la famille de les récupérer.


Autres sources:

http://www.diabsurf.com/Sim/SimImp/Itypcvr.php

 

 

Infirmiere voyageuse

Infirmière travaillant principalement en chirurgie, j'aime encadrer les étudiants mais malheureusement parfois le temps nous manque. J'ai donc décidé de créer un outil qui concerne chacun d'eux tout en proposant un suivi personnalisé à la demande afin qu'ils abordent et continuent leurs études plus sereinement.

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