Les prises de sang ou bilans sanguins font partie du rôle sur prescription médicale des infirmiers… #entheorietoutestprescrit

Deux cas de figure:

1) Le médecin vous demande de faire une prise de sang.

Bien sûr vous lui demandez laquelle, vérifiez qu’il l’a prescrive bien et ensuite vous la faites ou vous la programmez pour le lendemain. Comme d’habitude c’est un soin qu’il faut effectuer en connaissance de causes. Donc assurez-vous que vous comprenez pourquoi il la demande et dans quelles conditions elle doit être réalisée (à jeun si bilan de cholestérol, glycémie,…plus de détails sur le site de ce laboratoire).

2) Vous remarquez que le patient n’a pas été prélevé depuis un moment ou alors qu’il présente un problème (fièvre, écoulements anormaux, paleur etc…).

Telle une petite souris, vous susurrez délicatement à l’oreille du cher docteur qu’il serait bien d’en prescrire une rapido pour être sûr de ne pas passer à côté d’un problème important (parfois asymptomatique).

Mais dans tous les cas vous devrez vous y coller et savoir la réaliser.

1) L’ordre des tubes

Ordre des tubes de prélèvements

Remarque : Dans le cas d’un prélèvement avec une unité à ailettes, une purge de 1 ml peut être effectuée à l’aide d’un tube bleu afin de garantir le remplissage du tube bleu à destination des examens de coagulation (notamment dans le cas d’utilisation d’un microtube de 1.8 ml).
Lien de l’image ci dessus, site d’un laboratoire avec infos précises et fiables

 

2) Les éléments du ionogramme les plus importants à surveiller

Ionogramme (iono): dosage de la quantité d’ions dans le sang.

Taux de Potassium = Kaliémie (Tube vert)

  • Normes: Entre 3,5 et 4,5 mmol/L

Hyperkaliémie: trop de potassium dans le sang.

Si supérieur à 4,5 mmol/L mais dépend du laboratoire (la norme est toujours écrite à côté du résultat).

Causes de l’hyperkaliémie

Un surdosage en potassium

  • un apport trop important en potassium (en perfusions généralement).
    • Exemple: patient à jeun suite à une chirurgie et sous Glucidion (Polyonique) contenant du potassium entre autres. D’où l’intérêt de vérifier le ionogramme aprés une chirurgie.

Des tissus abimés

  • une lyse tissulaire: les tissus (ensemble de cellules) sont abîmés voire détruits; ce qui entraîne un passage important de potassium vers le compartiment extracellulaire, donc en dehors de la cellule vers le sang (les reins n’ont pas le temps d’intervenir).
    • Exemple: le retrait rapide d’un garrot laissé trop longtemps.

Un traumastime important

  • « syndrome d’écrasement » : libération brutale de potassium des cellules, responsable d’une acidose ou d’une insuffisance rénale aiguë.
    • Exemple: une personne âgée tombée, restée longtemps au sol. Ses muscles sont aplatis contre le sol et lorsqu’on la relève, les toxines (dont le potassium) sont libérées.

Une insuffisance rénale

  • une insuffisance rénale (aiguë ou chronique) non dialysée et/ou mal traitée.
    • Exemple: un patient insuffisant rénal qui ne prend pas ses traitements (non observance) et/ou qui ne suit pas son régime pauvre en potassium ou qui n’est pas dialysé assez souvent ;

Certains traitements

  • un effet secondaire de certains médicaments hyperkaliémiants (glucagon, inhibiteurs de l’enzyme de conversion plasmatique, inhibiteurs de l’angiotensine II, etc.), surtout si la fonction rénale est altérée ou si ces médicaments sont prescrits en association avec d’autres médicaments;

Causes moins fréquentes de l’hyperkaliémie

  • une insuffisance surrénalienne (maladie d’Addison) ;
  • un déficit en insuline (diabète de type I) ;

Symptômes de l’hyperkaliémie

(les plus souvent rencontrés sont en gras, les mots soulignés en bleu mènent vers leur définition détaillée du lexique de ce blog ou le Vidal)

Fatigue, tremblements et paresthésies (fourmillements ou engourdissement) des membres, faiblesse musculaire voire paralysie.

Une bradycardie (diminution de la fréquence cardiaque) ou une tachycardie (augmentation de la fréquence cardiaque) peuvent apparaître.

Traitements de l’hyperkaliémie

  • PER OS (voie orale): le kayexalate en poudre (2 a 4 cuillères selon le taux de potassium), trés mauvais au goût mais trés efficace!

  • En IV (perfusion lente): parfois les médecins nous demandent de préparer une perfusion de G30% avec de l’insuline. Cette dernière a pour effet de diminuer la kaliémie et le G30% évite les hypoglycémies.

Hypokaliémie: pas assez de potassium dans le sang. Si inférieur à 3,5 mmol/L. Les causes sont principalement des pertes digestives et rénales par diarrhée et/ou polyurie (trop de pipi).

Très important à surveiller car une hyperkaliémie comme une hypokaliémie peuvent provoquer un trouble de la conduction électrique cardiaque (autrement dit, un arrêt cardiaque est possible dans les deux cas…).

Mais avant d’en arriver là, les symptômes principaux d’hypokaliémie sont: fatigue, sensation de faiblesse, crampes musculaires, paresse intestinale menant à des ballonnements, des douleurs abdominales puis de la constipation.

Exemple d’ECG d’un patient avec une hypokaliémie à 1.1

Traitement: 

  • chez un patient plutôt en bonne santé, il est possible de compenser avec l’alimentation. On trouve le potassium surtout dans les légumineuses (haricots blancs, lentilles…), les légumes (bettes, épinards, pommes de terre, chou, champignons…), les fruits (avocats, bananes, abricots, agrumes, cassis…) et les fruits secs (noix, amandes, pistaches, dattes, figues…).
  • Ou encore, chez un patient hospitalisé qui peut manger, en traitement per os par gélules de Diffu K.
  • Par contre, chez un patient hospitalisé à jeun il est préférable de compenser directement par perfusion. S’il est à jeun ce sera le seul moyen de le traiter, d’ailleurs. En général le médecin demande d’ajouter quelques grammes de potassium dans la perfusion d’hydratation qui passe sur 24 heures (ou en pousse seringue électrique si l’hypokaliémie est importante et urgente à régler).

Attention: le potassium est un produit veinotoxique et cardiotoxique, il faut toujours le diluer et ne jamais injecter plus de 2 grammes dans le même pousse seringue par précaution. Ne jamais injecter à la seringue directement (IVD) ou en pochon de perfusion (50ml, 100ml ou même 250ml)!

Plus d’infos sur Fiche IDE en cliquant ici

Taux de sodium (natrémie): Tube vert.

Taux de « sel » dans le sang.

  • Normes: entre 135 et 145mmol/L

Hyponatrémie: taux de sodium dans le sang inférieur à 135 mmol/L.

Causée par un apport en eau trop important (perfusions…), une perte de sodium (diarrhées par voie anale ou par la stomie, vomissements) ou un dysfonctionnement rénal retenant l’eau dans les tissus.

Elle entraîne des états de confusion (pour une faible hyponatrémie, surtout chez les patients à jeun) puis de la somnolence et enfin un coma.

Il est donc trés important de réguler le taux de sodium rapidement mais prudemment sans se précipiter, par perfusion lente, comme le potassium.

Pour aller vraiment plus loin dans les détails

Hypernatrémie: taux de sodium dans le sang supérieur à 145 mmol/L.

 

Causée par un excès d’apport de sodium, une déshydratation, ou une perte d’eau plus importante que les pertes de sodium liée à un diabète insipide, une polyurie osmotique, des diarrhées/vomissement, une sudation abondante.

Mon but dans cet article était d’introduire les éléments les plus importants du ionogramme ainsi que l’ordre des tubes. Tout développer serait trés long, d’autant plus qu’il existe déjà 2 sites remplissant cette fonction à merveille: Julie fiches IDE et Soins infirmiers.com

Je vous conseille fortement de visiter ces deux sites très complets et intéressants au sujet de la théorie et d’un peu de pratique en soins infirmiers.

Donc à bientôt pour de prochaines…découvertes, discussions, et aventures!

Autres sources:

Plus de détails sur la NFS, bilan hépatique, rénal, inflammatoire sur ce site